J’avais prévu de longue date de vous parler de cette fête, la 21e fête de la Bonnote organisée par la filière, la Coopérative Agricole, le samedi 5 mai dernier.

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C’était sans compter sur le fait que :

1-      C’était mon premier jour de vacances et d’un seul coup, en pyj, le petit dej’ à peine achevé, la perspective d’aller arracher des patates ne m’a plus parue aussi funky. J’ai donc envoyé l’Artiste et Petit Cœur en éclaireurs, qui sont royalement revenus avec un kilo de Bonnote à 4€, seule monnaie trouvée au fond d’une poche. Grumf ! Emballée dans sa jolie cagette elle est désormais à 6€50 le kilo à la Coop. Mais la patate ce n’est pas un plat de pauvres ? J’entends encore Papounet « on mangeait des patates sous toutes les formes pour tenir jusqu’à la fin du mois ». Bien maintenant c’est pour les riches et c’est comme ça ! Oh le gros cliché démago-socialo…

2-      Qu’à cela ne tienne, nous participerons à la rando vélo découverte de l’île de 14h30, avec étapes dégustations (Comme « La Champenoise » mais le champagne est remplacé par un produit du terroir. NDLR : La Champenoise c’était hier pour info ; et oui c’est loupé). On est short niveau timing (se presser un samedi c’est pénible !) mais l’Artiste me rassure « c’est à partir de 14h30 » Parfait ! Arrivés tranquilles à 16h, plus rien finito nada merci d’être venus au revoir m’ssieurs dames ! Tu me la copieras ! Tu ne t’es pas renseigné ce matin ? non pourquoi ? La prochaine fois j’organise ! pas toujours bon de déléguer…

Nous avons décidé de profiter de la compétition de Wind Foil à la plage… pas de vent compet’ annulée. Voilà, ça c’est fait !

Cependant, moi je veux bien le kilo de patates qui coute un bras, la Bonnote qu’on ne trouve qu’en mai, mais y’a des zones d’ombres à creuser, ne serait ce pas un coup marketing ?...

Ni une ni deux j’interroge l’air de rien mon producteur officiel, Anthony, et j’apprends que la primeur c’est une patate fragile car avec sa peau très fine, elle pèle. On la récolte 90 jours après la plantation (donc début mai si tout va bien. Là nous avons 3 semaines de retard à cause des grosses gelées) et on la consomme sous 5 jours. La Bonnote en est une. Mais la Sirtema aussi et à moins d’un palais habitué depuis plusieurs dizaines d’années, vous ne ferez aucune différence dans votre assiette.

Attention (roulement de tambour) c’est la minute culture : qui ne croit que ce qu’il voit ?

Pareil pour moi ! Alors j’ai fait le test un soir où j’accueillais Pascalou et Martine : Bonnote / Sirtema salade et jambon de Vendée (et oui à la surprise générale, je peux servir un repas). Je n’ai pas senti le gout plus sucré de la Bonnote mais je l’ai trouvé plus farineuse et la Sirtema plus fine. Anthony dit qu’il faudrait prendre des patates de même maturité pour que le test soit vraiment probant…pff chipoti chipota, ma conclusion me va et le Monsieur présent devant l’étal me confirme « La Bonnote c’est plus ce que c’était… » - éclat de rire intérieur, tu parles Charles, la faute au rendement, faut usiner, tout pour le fric, bah oui dans quel monde qu’on vit ! On profite du libéralisme / capitalisme toute sa vie et on s’étonne que la patate c’est plus ça… Qui me surnommait « La Rouge » ?

Reprenons. Pourquoi ce tapage autour de la Bonnote et pourquoi seulement 1% de la production si elle est si connue et attendue ? Elle est le symbole de la culture ancestrale sur l’île, mais son gros désavantage : elle est très petite et pousse comme des grappes de raisin, il faut arracher à la main et ça c’est pas bon pour le rendement (voir paragraphe précédent). Antho, saisonnier de la patate m’a expliquée ça en détails (vous le retrouverez dans une autre aventure, il faut en garder un peu…).

Et sinon, c’est vrai que la « patate de Noirmoutier » (peu importe la variété) est gustativement meilleure, because, la mer, le soleil, la pluie, le vent, la mer ? Elle a effectivement un vrai gout de terroir qui est même différent selon l’implantation sur l’île… j’explique : une terre sablonneuse, absolument idéale pour la culture de la pomme de terre, qui peut s’épanouir de façon optimale et obtenir un gout incomparable. Il y a très longtemps la plage recouvrait les terres agricoles actuelles. A ces endroits c’est le top pour la cultiver. J’en connais un, je ne vous dis rien, vous gouterez à ma table !

Parce que j’ai redécouvert la pomme de terre ici, et j’apprécie vraiment de la cuisiner (pas de recettes extravagantes non plus ! Ouh la la la la ne nous emballons pas !)

Pour autant, marketing ou pas, chacun se fera son opinion, je salue le travail de la Coop qui promeut ses adhérents et leurs produits avec un plan marketing de qualité. A découvrir ICI !

Pour ma part je reste fidèle à mes patates bio cultivées avec amour par Anthony Billon (clin d'oeil à AchetezAChalons), qui me fait découvrir les variétés au fil des saisons, et m’a offert des Capucines (oui la fleur) à manger avec ma salade. J’ai testé, dubitative… j’adopte !

Hier, nous sommes rentrés avec de l’Alliance, testée ce midi en salade accompagnée de courgettes jaunes, sur les conseils d’Anthony et c’est vrai elle déchire !

C’est vrai que ça prend du temps d’échanger, mais à chaque fois j’apprends sur les variétés, les recettes, comment cuisiner telle ou telle patate… Anthony n’est pas avare d’explications sur l’équilibre naturel, les insectes, les fleurs… il aide à comprenbdre les tenants et aboutissants, il n'est pas extremiste (lui!) et son conseil tout simple : achetez chez un producteur et discutez avec lui, alors seulement vous saurez ce qui se trouve dans votre assiette !

Vous n’avez pas faim ? moi si !

Plume.NO